Denis Guénoun, L'Enéide, d'après Virgile

Editions Actes-Sud 1982


Denis Guénoun
est un homme de théâtre complet : comédien, auteur, metteur en scène, musicien... et c'est un philosophe qui s'attache à penser les relations complexes qui se tissent entre théâtre et société. En tant qu'homme de théâtre il a été l'un des créateurs et l'animateur de cette belle nébu­leuse artistique qui s'est appelée tour à tour l'Attroupement, le Théâtre-Ensemble de Marseille, Le Grand nuage de Magellan... Il a dirigé le Centre Dramatique de Reims... en tant que philosophe, il a enseigné à Strasbourg, Rennes, et actuellement à la Sorbonne.

Une lecture renouvelée de l'Enéide
...En 1981-82, à Marseille, il lit la traduction de l'Enéide par André Bellessort. C'est un coup de foudre. Lui qui est originaire d'Oran, il découvre avec passion, et il fait découvrir à sa troupe, que l'Enéide raconte l'histoire éternelle de la Méditerranée.

Virgile ( 70 -19 av. JC) avait écrit cette épopée dans les années 20 avant JC pour rattacher la gloire d’Octave-Auguste et la puissance naissante de l’empire de Rome aux grands mythes grecs développés dans l’Iliade et l’Odyssée. Il y raconte la ruine de Troie et le massacre de ses habitants, l’exil des survivants conduits par Enée devenu leur chef, leur navigation aventureuse à travers la méditerranée, leur naufrage, leur arrivée en Lybie où les accueille la reine Didon, les amours passionnées de Didon et Enée, la mort de Didon désespérée par le départ d’Enée et enfin l’arrivée des Troyens en Italie... où bientôt ils fonderont la cité de Rome.

2000 ans plus tard,
comment ne pas voir dans ce grand récit le prototype de toutes les guerres et de toutes les migrations de l’histoire de la Médi­terranée ? Le cheval de Troie, la ruine de la ville et le massacre de ses habitants, la fuite d'Enée, son errance sur la mer, sa quête de l'Italie, c'est l'image de tous les exils qui, à travers le temps ont jeté les vaincus, les broyés de l'histoire, sur de pauvres bateaux, en quête d'un rivage, d'une terre où planter à nouveau des arbres et des en­fants... Comment ne pas se rappeler toutes ces Odyssées, toutes ces blessures dont tant restent vives : Arménie, Espagne, Algérie, Israël, Palestine... sans oublier celles de notre brûlante actualité, Tunisie, Lybie, Syrie…
C'est de cette histoire et de l'invention laborieuse, douloureuse, d'une vie commune sous le même soleil, à l'ombre des mêmes oliviers, que nous sommes faits. La Méditerranée est un des grands laboratoires de l'humanité.

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Une œuvre d’actualité…

Trente ans, se sont écoulés depuis la création de ce texte. Il garde une force, une énergie, une jeunesse bouleversantes. C'est une œuvre d'actualité, capable de réunir de nouveaux publics dans le frémissement de la pensée, et de la sensibilité.

Une forme légère…
Nous avons choisi de le faire revivre sous une forme légère, celle de concerts-lectures où se mêlent la musique improvisée et la voix. Cette fois-ci, à Carpentras, nous les donnerons sous une forme réduite à 4 chants, d’abord les chants I et II qui racontent la destruction de Troie et l’arrivée d’Enée et de ses compagnons à Carthage, puis, après un entracte convivial où l’on pourra se restaurer, les chants IV, celui des amours de Didon et Enée… et VI, celui de la descente aux enfers et des prophéties sur l’avenir du monde.

Une rencontre des musiques…
Pour servir cette histoire d’exil et de rencontres entre les rives de la méditerranée, la distribution se devait de faire bonne place aux musiques du passé et à celles de l’ailleurs, airs traditionnels, chants berbères, improvisations sur des thèmes venus de la Grèce antique ou du Moyen-Age, musique contemporaine…

Un beau voyage.
Le spectateur-auditeur est ainsi entraîné dans un beau voyage, une grande traversée. Il est à chaque instant surpris et émerveillé par la nouveauté et la simplicité des propositions jaillies à la rencontre du texte, de son interprétation vocale et des improvisations des musiciens.

Chant I :
La tempête, l’arrivée à Carthage.

Après sept ans d’errances sur la mer, les troyens, poursuivis par la colère de Junon sont jetés par la tempête sur les rivages de Lybie. Bientôt leur roi, Enée, découvre une ville nouvelle que construisent des immigrants, des exilés comme eux. C’est Carthage. Ils s’attendent à être rejetés comme tant de fois auparavant, mais la reine Didon leur fait un accueil généreux et donne un banquet en leur honneur.

Lecture : Louis Rama – Musique : Léa Lachat à l’accordéon.



Chant II :
Enée raconte la ruine de Troie et le départ en exil.

A la fin du banquet, la reine demande à Enée de tout raconter, et la ruine de sa patrie et ses années d’errances sur la mer. Enée, douloureux, se lève et commence à raconter. D’abord la ruse du cheval de bois qui a ouvert aux grecs les murailles, puis l’incendie de la ville et le massacre de ses habitants par les grecs ivres d’impatience et de violence. Le roi Priam est assassiné, la terreur envahit les rues, toute résistance est bientôt impossible. Enée doit se résigner à fuir. Mais il ne le fera pas sans sauver tout ce qu’il peut de sa patrie, de sa famille et des siens… Il part avec son père sur les épaules et son fils Ascagne à la main…

Lecture : Louis Rama – Musique : Vincent Bauza à la contrebasse.

Chant III :
Suite du récit d'Enée : les aventures sur la mer.
.

Enée poursuit son récit : les années de navigation d’île en île, de rivage en rivage. Avec son père et ses compagnons, il recherche l’Italie qu’un oracle leur a promis pour nouvelle patrie. Ils font escale, en Trace, puis à Mycène… Plus loin ils rencontrent les Harpyes conduites par la terrible Céléno… A Buthrote, ils ont la surprise bouleversante de retrouver Andromaque, la veuve d'Hector… vient ensuite le passage de Charybde et de Scylla, puis la halte sur l'île des cyclopes, la mort enfin de son père Anchise… et bientôt la tempête, les rivages de Lybie et l'arrivée à Carthage.

Lecture : Aïni Iften – Musique : Léa Lachat à l’accordéon

Chant IV :
Les Amours de Didon et Enée.

Pendant le banquet, le petit dieu Amour, à l’initiative de Vénus, a jeté ses flèches dans le cœur de Didon. La reine s’enflamme d’amour et donne bientôt libre cours à sa passion. Mais Enée a reçu des dieux une autre mission que de rester dans les bras d’une femme, aussi merveilleuse soit-elle. Il est déchiré entre son amour et sa mission mais il doit partir. Didon passe par tous les stades de la passion, colère, rage, supplication, menace, résignation… mais rien n’y fait, Enée s’en va et elle en meurt.

Lecture : Aïni Iften – Musique : Emmanuelle Drouet au chant et aux instruments traditionnels, psaltérion, bendir et darbouka.


Chant V :
Les dernières étapes du voyage
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Après la mort de Didon, les troyens, en quête de l’Italie, sont repartis sur la mer. C'est la suite des navigations, des errances d'Enée et de ses compagnons. Retournés malgré eux en Sicile, ils y célèbrent les jeux funèbres en l'honneur d'Anchise, le père d’Enée. Survient  la révolte des femmes troyennes qui incendient la flotte, puis la séparation des troyens en deux groupes, ceux qui renoncent et ceux qui, poursuivant la quête de l'Italie, parviendront enfin à en toucher les côtes...



Chant VI :
La descente aux enfers et les prophéties sur l’avenir du monde

Parvenu en Italie, aux rivages de Cumes, Enée recherche la Sybille qui doit le conduire aux enfers pour y consulter son père. Bientôt celle-ci l’entraîne et le guide à travers les mondes infernaux. Monde blême, monde des réprouvés, monde atroce, absurde des grands criminels, puis monde paisible et lumineux des âmes réconciliées. Enfin il retrouve son père, le vieil Anchise. Il veut savoir quel sera l'avenir du pays nouveau qu'il veut fonder. C'est le chant des prophéties sur l'avenir du monde... Virgile y annonçait le règne pacifique d'Auguste, son contemporain... Pas étonnant donc que Guénoun par la voix d'Anchise, nous y parle des défis de notre temps à nous, les hommes du XXème et du XXIème siècles...

pour les chants V et VI:
Lecture : Aïni Iften et Louis Rama – Musique : Vincent Bauza à la contrebasse, Léa Lachat à l’accordéon et Emmanuelle Drouet au chant et aux instruments traditionnels, psaltérion, bendir et darbouka.







Dernière modification le 16/01/2013


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à jour le 16/12/2017




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