Albert COHEN (1895-1981)

O vous, frères humains

Editions Gallimard 1972

Le cœur de l’œuvre d’Albert Cohen
Le refus du racisme et de l’antisémitisme

En 1972, à l’âge de 77ans, Albert Cohen publie ce tout petit livre pour dire l’essentiel, le noyau de douleur de toute sa vie, l’événement secret, terrible et ineffaçable, qui avait  dévasté son enfance et définitivement marqué toute sa vie : sa rencontre de l’antisémitisme quand il avait dix ans.


Résumé.
Un vieil homme est à sa table. Il veut écrire son testament, un livre utile, raconter au monde ce qui lui est arrivé en 1905, à Marseille. Un camelot soudain,  l’a pris à parti dans la rue : « …tu es un sale juif, hein ? …tu viens manger le pain des français, hein ! … va un peu voir à Jérusalem si j’y suis. ». Stupéfait de cette invective qui le constitue comme juif et coupable sans raison, l’enfant erre dans la ville, tout le jour et jusqu’au cœur de la nuit. Une foule de questions et de réflexions lui traversent l’esprit et le cœur. Qui est-il, qu’est-ce qu’être juif, quel crime a-t-il commis, quelle est sa place en France, comment garder sa fierté, doit-il disparaître, se renier ? 

C’est ce simple récit , les douleurs et les réflexions de l’enfant, le testament du vieillard, son message d’amour universel que ce concert-lecture transmet à son tour au public.

Le propos.
Ce texte traite d’un des problèmes essentiels de nos sociétés modernes : celui du refus de l’autre, celui du racisme et celui de l’antisémitisme qui en est le paroxysme. Ce thème était déjà au cœur de « Belle du Seigneur »,
l’énorme roman qui a fait la célébrité d’Albert Cohen, mais il l’animait de façon souterraine.


Dans O vous Frères humains, ce même thème n’est plus abordé de façon romanesque ni  théorique, il est abordé de façon autobiographique. La simple histoire du drame vécu par un enfant de dix ans parle à tous les publics et de façon plus brûlante et plus universelle que tous les discours. Le centre du texte n’est pas la Shoah, (même si celle-ci est évoquée et de façon combien bouleversante dans la conclusion…) mais les racines de celle-ci, les mécanismes humains, trop humains, qui l’ont rendue possible, …et tant d’autres génocides !

Toutes les victimes et tous les auteurs de discriminations, de stigmatisations de quelque nature qu’elles soient peuvent se retrouver, se reconnaître et souvent se remettre en cause à la lecture de ce récit.

Ce concert-lecture sert donc le texte tout entier. Il en fait  certes entendre la profonde beauté, le chant  incantatoire, mais il transmet aussi son message, dans toute sa force et dans toute son urgence.  Il permet à chacun, quelle que soit son origine ou sa place dans la société de prendre conscience des souffrances et des dégâts produits par les stigmatisations haineuses, quelles qu’elles soient et d’où qu’elles viennent.

Une lecture-spectacle… qui est aussi un concert – lecture

 Scénographie : au seul service du texte et de son écoute.    
       . La seule image donnée au public est celle d’un vieil homme à sa table de  travail, face à la page blanche. Aucun déplacement. Une simple table, une lampe de bureau, une bouteille, un verre pour boire.
      . Le contrebassiste est placé légèrement en retrait, côté cour… il a un pupitre de musique qui ne porte que le texte de Cohen.
      . La lumière est de pénombre. La lampe de bureau éclaire effectivement le texte du vieil homme et indirectement son visage. L’instrumentiste a aussi ce qu’il faut de lumière pour suivre son texte et jouer. Dans ce dispositif minimal, seuls les visages font image, ils portent au public, comme des miroirs, le retentissement intérieur du texte.

Musique: le texte en guise de partition. Vincent Bauza est un bassiste improvisateur de talent. C’est un musicien d’aujourd’hui, mais c’est aussi un amateur de littérature. Dans nos concerts, il est véritablement un lecteur du texte que nous interprétons, mais il ne prononce pas un mot. Tout passe par la contrebasse !

Pas de partition. Il n’a que le texte sous les yeux, mais le texte annoté de multiples indications de silences, de formules rythmiques, de rendez-vous, d’atmosphères, de climats, de doigtés…Rien n’est écrit, mais tout est calculé, prévu, anticipé pendant les longs mois de répétition, de mise au point de notre interprétation.

Mise en scène : servir le sens.
Le spectacle a été élaboré grâce l'écoute, aux retours et aux conseils de Camille Vivante, le  metteur en scène, - ou metteur en voix -, qui sans cesse  renvoie les interprètes au texte, les oblige à en revoir le sens, à en approfondir la compréhension, à gommer les effets trop faciles, à chercher la meilleure manière de dire le texte, de le marier à la musique, et de toucher ainsi les auditeurs…            

Distribution:
Louis Rama, lecteur,
Vincent Bauza contrebasse
Camille Vivante, metteur en scène

 






Dernière modification le 22/01/2013


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à jour le 16/12/2017




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