Jeudi 5 décembre à 18h 30
- La Charité. (DAC)

Marseille en littérature.


 Marseille ne laisse pas les écrivains indifférents.

En cette fin de l’année 2013, qui a consacré Marseille en capitale européenne de la culture, il nous a semblé intéressant de faire entendre comment les écrivains ont parlé de cette grande cité. Certains y sont nés et en sont aussitôt partis, d’autres y ont vécu toute leur vie et ont été façonnés par elle. Beaucoup y sont passés, ont embarqué pour la Corse, l’Afrique du nord, L’Extrême Orient.

         Il est rare que Marseille les laisse indifférents, ils l’admirent ou la détestent. Certains sont grisés par sa vitalité, sa sensualité, d’autres ont peur d’elle, la trouvent sale et agressive.  

Six écrivains, deux époques de Marseille

Après avoir lu bien des pages, notre choix s’est arrêté sur André Suarès, Cendrars, Louis Brauquier, Simone de Beauvoir, Jean Claude Izzo, et René Frégni. Ce sont eux qui se sont imposés à nous.     

       Les quatre premiers parlent de la Marseille qu’ils ont connue, celle de l’entre deux guerres : Marseille, porte de l’Orient, métropole du commerce et du voyage, au temps des colonies et de la navigation triomphante. Les deux derniers appartiennent  à notre époque à nous, aux années 90, aux temps des reconversions économiques difficiles, aux tiraillements d’une ville divisée entre quartiers Sud et quartiers Nord, grande bourgeoisie d’argent, commerçants, ouvriers et immigrés, une ville qui, elle aussi, comme ses habitants, cherche sa place et son identité dans les crises et bouleversements d’aujourd’hui…





      

Distribution :

Lecture :Frédéric Chiron, Lucie Lesgoirres
et Alain Vergnes.
Musique : Léa Lachat, à l'accordéon

Tarifs : 6€ / 4€
Renseignements et réservations 04 90 63 46 35





Les textes lus
sont tirés des ouvrages suivants :


   André Suarès, Marsilho, Ed Jeanne Laffitte 2009
   Blaise Cendrars, L'Homme foudroyé, Ed. Denoël 1945




Le rap, clou de la soirée
est une interprétation audacieuse
du poème de Louis Brauquier

Toutes les Puissance du globe :


Toutes les puissances du globe
Sont là, dans la ville maritime
Où débarquent, brûlent et passent
Les races multipliées.
Dans la cohue des idiomes,
Au hasard des chants et des rixes,
Et surgissant des faits divers,
J’exalte toutes les puissances.

Puissance du bar où s’accoudent
Les rancœurs et les désirs,
Près des scintillants alcools,
Versés dans le verre opaque !
Bar que je sais, au môle B
Où boivent les dockers et les maîtres d’équipage.

Puissance de la rue trouble au crépuscule,
Quand les lumières des magasins
Assourdissants
Affolent
Le navigateur débarqué.

 









La permanence
de lieux communs contradictoires

      Ce qui frappe quand on parcourt toutes ces pages, tous ces regards sur cette ville qui tente pourtant sans cesse de changer, c’est la permanence de certains traits. Plus forts peut-être que tous les changements !

       Marseille est enveloppée de lieux communs extrê-mement résistants. On en vient parfois à se demander s’ils sont le juste reflet  de sa réalité où si la réalité de Marseille n’est pas aussi modelée par les clichés qui la peignent !

       Violence et douceur, beauté et saleté, vulgarité et raffinement, exhibitionnisme et goût du secret, Mars- eille est un lieu de contradictions : grouillement d’une très grande cité où se croisent les peuples, les races, les langues, les cultures… énergie développée par la rencontre de toutes ces populations qui chacune veut sa place au soleil… présence ouverte, en plein jour, de la violence, celle des rapports sociaux, celle des mal- frats, caïds, réseaux maffieux, drogue et prostitution…

       Mais aussi âpre beauté d’un site unique qui rayonne du centre du Vieux-Port jusqu’aux îles en pas- sant sur les blanches collines de calcaire… Sensualité ardente d’une ville dorée de soleil et battue de Mistral … Douceur enfin d’une sorte d’hédonisme populaire dans des quartiers qui sont autant de villages secrets.






Notre lecture

Toutes ces facettes, toutes ces contradictions qui font l’identité de Marseille, nous les retrouverons dans notre lecture.

Mais pour mieux en marquer les continuités, nous mélangerons les différentes époques, les différents textes, ils seront regroupés par thèmes : aux auditeurs de deviner qui en est chaque fois l’auteur !





   Louis Brauquier, Je connais des îles lointaines   ( Poésies complètes) Ed La Table Ronde 1994
  Simone de Beauvoir, La force de l'âge, Ed Galli- mard, 1960
  Jean-Claude Izzo, Total Khéops, Gallimard 1995.
  René Frégni, Sous la ville rouge, Gallimard 2013





Puissance des filles prospères,
Qui appellent sur le trottoir nocturne,
Quand les sirènes des Ports
Ont fait descendre le soleil !
Oh ! dans le soir, aux yeux pervers,
Où les lampes à pétrole s’allument
Aux bouges de chair des vieux quartiers,
La morsure aux entrailles que laisse
Cet appel !

Puissance de l’alcool, de la rue et des bouges
Puissance des cartes et de l’argent !
Le coup de révolver qui claque
Sur le Port,
Dans le silence
Des étoiles
Et se prolonge
Par les ruelles
Dans un bruit de fuite éperdue,
Poursuivi par l’aboiement rauque
Des side-cars de la police.

Et puissance enfin sur mon âme,
Des grands mâts et de la mer,
Que j’ai tant de fois chantés !

          ( Poème initial du recueil
           Et l'au-delà de Suez
           première édition : société de la revue Le Feu,
           Aix-en Provence 1923 )



   






Dernière modification le 07/12/2013


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à jour le 23/09/2018




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