Jeudi 15 mai à 18h 30 - La Charité. (DAC)

Laurent Gaudé

Ouragan
(Ed Actes-Sud 2010)


 Un auteur que nous aimons.

       Laurent Gaudé est un auteur que nous suivons avec une attention particulière à Bonheurs de lecture. Il avait été reçu en 2004 par Agnès Bascou à la Librairie de l’Horloge, à l‘occasion de la sortie du Soleil des Scorta,  roman qui lui avait valu quelques jours plus tard le Prix Goncourt. A 32 ans, c’était presque in- croyable.

        Depuis, nous lisons tout ce qu’il écrit. Et c’est un bonheur de le voir poursuivre sa route sans dévier de la ligne qui lui est propre. Une écriture très forte, qui sou- vent s’avance par courtes séquences. Une attention alerte aux drames de l’Histoire, guerre de 14, Shoah, migrations méditerranéennes, catastrophes climati- ques. Un goût marqué pour l’épopée, l’amplification, les forces primitives qui nous traversent. Et sans cesse, la confrontation au mythe, mythes anciens et mythes contemporains, pour une recherche de sens, de fidélité, au cœur même des conflits, des dispa- ritions et des violences.

Ouragan : l’humanité face au cataclysme…

        Dans ce roman, Laurent Gaudé s'est emparé de Katrina, la catastrophe climatique qui a ravagé la Louisiane en août 2005. Dans une forme chorale, il fait entendre les voix d’une dizaine de personnages : vieille descendante d’esclaves intransigeante de fierté, quinquagénaire déglingué qui voudrait retrouver avant qu’il ne soit trop tard celle qu’il avait autrefois aimée, groupe de bagnards que les flots rendent à la liberté, pasteur évangélique qui bascule dans la folie et le crime, tous se croisent, se rencontrent et courent à leur destin.



Laurent Gaudé,
sur la lecture publique des textes
:

       " Un texte, un acteur, une chaise et l’assemblée attentive de ceux qui sont venus écouter. Je considère la lecture publique comme un genre à part, qui lorsqu’il est travaillé avec rigueur et talent, n’est ni une déclinaison de la lecture solitaire, ni le brouillon d’une mise en scène à venir. C’est autre chose.

       L’acteur plonge dans la chair du texte, avec peu d’artifice. Il n’y a que sa voix, son corps, le rythme de son phrasé et l’intelligence de sa propre culture. Il fait vivre le texte non pas en l’incarnant mais en en déployant la langue. Et le spectateur connait l’antique plaisir de l’écoute.

           Tous mes textes, je m’en rends compte, sont au fond, écrits pour résonner face à un public."


         



 


      Car c’est d’une tragédie au sens antique du terme qu’il s’agit. Bien sûr, ce ne sont plus les dieux qui frappent : ils ont été remplacés par la terre, la nature : leur colère est terrifiante, sans mesure.

      Ce cataclysme est le moment de vérité : chacun est renvoyé à l’essentiel. Certains se perdent, d'autres se sauvent, même s’ils y laissent leur peau. Entre blues et gospel, l'écriture rythmée de Laurent Gaudé, donne à ce récit une dimension épique.



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Distribution

Choix du texte : Camille Vivante
Lecture : Françoise Baut, Frédéric Chiron, Odile Levoyer, Louis Rama et Alain Vergnes.
Musique : Nicolas Constans aux clarinettes.

Pour rendre le caractère choral de l’écriture de ce roman, nous serons six sur scène. Chaque lecteur sera en quelque sorte la voix et le corps d’un des personnages. Le musicien, lui, sera à la fois la voix de la Nouvelle-Orléans et le souffle de l’ouragan !
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Tout public . Tarif : 6€ / 4€
Renseignements, réservations :
04 90 60 84 00

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« Moi, Joséphine Linc. Steelson, négresse pour quelques temps encore, me voici revenue chez moi et personne  ne m’en délogera. La rue est vide. (…) Qui se soucie d’une vieille folle comme moi ? Ils m’ont oubliée. Ce pays tout entier est fait comme ça. Rien ne s’oublie mieux que les négrillons. Il en a toujours été ainsi. Toute la ville a foutu le camp et ils ont laissé derrière eux les nègres qui n’ont que leurs jambes pour courir parce que ceux-là, personne n’en veut. Nous allons rester là et advienne que pourra. Je n’ai pas peur. Je la sens qui vient. C’est bien. Les hommes détalent, ils ont tort. Ils devraient rester pour voir que leurs maisons ne sont rien, que leurs villes sont fragiles, que leurs voitures se retournent sous le vent. Ils devraient rester car tout ce qu’ils ont construit va être balayé. Il n’y aura plus d’argent, plus de commerce et d’activité. Nous ne sommes pas à l’échelle de ce qui va venir. (…) Nous allons tout perdre. Nous allons nous accrocher à nos pauvres vies comme des insectes à la branche mais nous serons dans la vérité nue du monde… »  
                                                  Ouragan, p. 53


   






Dernière modification le 29/04/2014


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