Vendredi 18 octobre à 21h
Dans le cadre du festival d'automne de Vaison-la-Romaine
au Théâtre de la Haute-Ville (04 90 28 71 85)

Virginia Woolf,  Une Chambre à soi (1929)

 

Virginia Woolf est  la plus grande romancière anglaise du XXème siècle.

          Avec une sensibilité étonnante, à fleur de peau, elle invente une manière nouvelle de dire la subjec-tivité des personnages face au monde qui les entoure. Elle donne forme à tous les mouvements intérieurs  - désirs, répugnances, associations d’idées, projec-tions, rêves, souvenirs, enthousiasmes et dépits - qui jaillissent et prolifèrent en nous à chaque instant de nos vies et dans la moindre de nos rencontres.

Le groupe de Bloomsbury

          Mais cette grande aventure littéraire est aussi, et sans doute d’abord, une aventure humaine. Ce regard nouveau qu’elle jette sur le monde, c’est celui de sa vie dans le petit groupe d’artistes réunis à Londres, autour d’elle, dans ce que l’on a appelé le groupe de Bloomsbury. L’art pour ces anciens élèves de Cambridge est  inséparable de la vie.
    Pour eux, la création artistique suppose l’autonomie  économique, la dignité sociale, la liberté sexuelle et amoureuse de chacun. Ce sont des écrivains mais aussi des peintres et sculpteurs, des journalistes, des critiques d’art ou des économistes et ils vont jouer un rôle de premier plan dans la vie intellectuelle et culturelle anglaise de la première moitié du XXème siècle. Ainsi, dès la fin du règne de Victoria, à l’apogée de l’empire britannique, ils osent contester la société de classe et d’argent, satisfaite et figée, la morale hypocrite, la sclérose académique des arts.

La lutte des femmes pour l’accès aux études

          C’est dans ce climat de grande effervescence et de grande activité intellectuelle qu’en 1928, Virginia Woolf, est invitée à donner à Cambridge, pour les étudiantes et les professeurs de Newham et de Girton College, une conférence sur Les Femmes et le roman.

          Il faut savoir que Newham et Girton sont les deux premiers collèges universitaires britanniques où les filles, les femmes, ont pu accéder aux études supérieures. C’était une nouveauté conquise de haute lutte par les militantes anglaises des droits des femmes. On s’est souvent moqué des suffragettes anglaises, de leurs « excentricités », de leurs chapeaux et de leurs parapluies. Tout a été bon en effet pour les ridiculiser. C’est qu’elles se battaient de façon remarquablement efficace pour obtenir les droits élémentaires qui leur étaient alors refusés, …tout comme aux autres femmes du continent européen, ...et du monde !
          Les collèges universitaires d’Oxford et de Cambridge étaient depuis des siècles de riches citadelles masculines. Il n’était alors
pas pensable que des femmes puissent faire des études. Et c’est grâce à des souscriptions militantes, à des cam- pagnes d’opinion menées par les féministes anglaises, que le collège universitaire féminin de Girton fut enfin fondé à Cambridge, en 1869, (la mixité était alors évidemment impensable !).





     

 

             


Un pamphlet pour l’émancipation des femmes

       Dans ce contexte, il n’est pas étonnant que Virginia Woolf, en connivence avec son public, (et bien avant Simone de Beauvoir dont le deuxième sexe ne sortira qu’en1949) fasse de sa conférence un véritable pamphlet. Elle ne se laisse pas enfermer dans un débat littéraire académique, elle s'interroge sur les raisons de la faible représentation des femmes dans le monde des idées, de la recherche et de la création. Et ces raisons, à ses yeux sont d’abord matérielles (il faut avoir un espace à soi pour pouvoir créer)  économiques (sans autonomie financière, pas de liberté de création), elles sont anthropologiques, (la domination « évidente » des hommes et l’infériorité « naturelle » des femmes sont des croyances issues de violences cachées), et seule l’émancipation des femmes pourra révéler au monde toute cette moitié de la conscience et de l’expérience de l’humanité que leur mise sous tutelle a jusqu’à ce jour écrasée.
          Ce pamphlet, elle le conduit  dans un style bien à elle, empreint d’humour et de légèreté, d'ironie joyeuse et de calme insolence. Aucune agressivité : s’installer
dans le ressentiment, le désir de vengeance, ce serait rester dans la dépendance.
       Ce texte  paru en 1929 reste d'une étonnante actualité.

                                                                  

Distribution:

Lectrice: Camille Vivante
A la contrebasse: Vincent Bauza
Travail du texte: Camille Vivante et Louis Rama

   

 

 

 

 






Dernière modification le 11/10/2013


Système de Gestion
de Contenu :

Déconnexion.

 

Dernière mise
à jour le 04/07/2018




compteur

Bonheurs de lecture à Carpentras - Lectures Spectacle - Lecture publique - Lecture à voix haute
Lectures accompagnées par des musiciens - Lecture avec fond musicale
Interprétation et improvisation musicale de musiciens sur une lecture
Lecteur, acteur, musicien - Lecteurs, acteurs, musiciens
Adhésion à la lecture - Écouter et lire tout en musique
Carpentras - Comtat Venaissin - Vaucluse



 
Atelier de Création Graphique Directe
site personnalisé par les 1001 Mains et propulsé par Zite+