Jeudi 9 novembre 2017, à Carpentras, 18h 30,
au petit théâtre de la Charité (DAC) séance tout public

tarifs 7€ / 5€ / 4,20€ carte jeune


Yasunari Kawabata (1899 - 1972)
Le Lac (1957)

Traduction Michel Bourgeot et Jacques Serguine - Ed. Albin Michel 1978

Travail du texte et lecture : Louis Rama
Musique : Jean Cohen-Solal flûtes et électroacoustique

Un écrivain dérangeant

       Yasunari Kawabata est un des écrivains japonais les plus célèbres dans le monde. Il a écrit une œuvre immense (439 titres de fiction, romans, nouvelles…), il a obtenu le prix Nobel de littérature en 1968… et pourtant il reste peu ou mal connu. Il faut dire qu’il est inclassable. Il surprend, il dérange. Les personnages, les situations qu’il décrit, peuvent même susciter la gêne, le malaise, voire le dégoût...
       Pas de complaisance ni de flatterie chez lui, en effet, mais une grande exigence de vérité. Il lui faut mettre au jour le monde intérieur qui lui appartient, et à cette fin, créer les atmosphères, les paysages, les personnages, les situations, et donc aussi les techniques d’écriture, les procédés nouveaux nécessaires à cette exploration.


 Un orphelin sauvé par l'écriture

       Son monde n’est pas un monde facile. A trois ans, en 1902, il a déjà perdu ses deux parents tués par la tuberculose. A treize ans, il a aussi perdu sa sœur aînée et les deux grands-parents qui se sont chargés de l’élever. Son monde est marqué par la mort, et la solitude. Heureusement il se réfugie dans l’école, les études, où il réussit brillamment. Meilleur lycée du Japon, meilleure université. Et il écrit, il écrit très tôt et parvient très vite à publier, dans des revues, des journaux…
       Avec d’autres jeunes écrivains, ils créent une avant-garde, inaugurent une esthétique nouvelle en totale rupture avec le réalisme, le naturalisme, le roman traditionnel. Ils appellent ça « L’école des sensations nouvelles ».
       Passionné de photographie et de cinéma, il écrit ses textes, même les plus longs, par petites séquences qu’il agence ensuite entre elles comme on monte un film. Il ne recherche pas la continuité d’une intrigue de surface, mais celle de la vie intérieure des personnages. Comme dans nos propres esprits, se succèdent ainsi au long des pages les sensations, les émotions, les réactions, … à la réalité se superposent les souvenirs, les rêves, les hallucinations, toute cette vie intérieure, tous ces flux de conscience qu’à l’autre bout du monde explorent aussi, chacun à sa façon, Joyce ou Virginia Woolf.
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Un voyage dans le Japon profond
et dans le cœur ambigu des hommes
.

Une descente aux enfers
dans le Japon d’après guerre.


 

Notre lecture

       Nous lirons presque intégralement le dernier chapitre du Lac. C’est le récit d’une soirée dans la vie de Gimpeï Momoï. C’est un personnage étrange, complexé, torturé, honteux d’avoir des pieds difformes et puants. Très tôt orphelin, traumatisé par la guerre dont il est cependant sorti intact, il se sent rejeté par les autres. Professeur dans un lycée, il a eu une aventure avec l’une de ses élèves. Il a provoqué un scandale. Il vit désormais dans la culpabilité et la solitude, mais il ne peut s’empêcher de suivre les jeunes filles dans les rues. Leur beauté absolue, inaccessible, le fascine.
       Cette soirée, commencée dans une atmosphère de fête merveilleuse se terminera dans l’abjection des bas-fonds d'un Tokyo en ruines. Cette véritable descente aux enfers est-elle l’étude d’un véritable cas socio-psychiatrique ? Est-ce une plongée dans les tourments intérieurs du Japon d’après 1945, déchiré entre le souvenir de ses rêves de grandeur et de beauté et la réalité des ruines d’un pays désormais dévasté, ravagé par la honte ?  Est-ce simplement une exploration profonde, sans concession, des ambivalences, des ambiguïtés, des contradictions de l’âme humaine ?  Notre âme à tous… ?

  
        

        

                                                                                                                                   Photographies Ivana Caffa






















Dernière modification le 27/11/2017


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à jour le 13/02/2019




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