Jeudi 19 avril 2018, à 18 h 30, à Carpentras,
au petit théâtre de la Charité (DAC) séance tout public

tarifs 7€ / 5€ / 4,20€ carte jeune

Georges Simenon (1903 - 1989)
Les Complices (1956)
 Ed. Gallimard 2009

Lecture : Jean-Luc Bourdeau,
musique : Nicolas Constans aux clarinettes

Un écrivain hors-normes
       Georges Simenon (1903-1989) est un phénomène des lettres qui donne le vertige. Athlète de l’écriture, il est capable, comme sous pression, d’écrire ses romans en 11 jours seulement ! Traduit dans toutes les langues de la terre, il est l’un des auteurs les plus lus dans le monde et la somme de ses tirages aurait atteint 550 millions l’exemplaires !
      Ce succès, largement populaire, a d’abord été regardé de haut par les représentants de la culture légitime, professeurs et universitaires… Mais son écriture, depuis le début, a eu aussi le don d’intriguer un styliste exigeant comme  André Gide ! …et peu à peu les regards sur lui ont changé  et Simenon, - qui l’eut cru ? – a fini par entrer en 2009, dans la très prestigieuse collection de la Pléïade ! Qui aurait pu l’imaginer en 1930, et même en 1980 ?

A l'école du journalisme
       La clef du mystère Simenon repose sans doute en partie dans sa formation très particulière.  Il avait commencé de fort bonnes études primaires et secondaires, à Liège, dans des collèges religieux. Il y avait connu des humiliations que lui valait son infériorité sociale, mais il était parmi les meilleurs. Soudain, à 16 ans, sa vie bascule. Il est obligé, pour raisons familiales, d’interrompre ses études et doit, du jour au lendemain, gagner sa vie. Il devient grouillot à la Gazette de Liège. Au service des faits-divers il découvre avec enthousiasme les réalités de la vie. Et c’est la ville, sa surface, ses dessous, ses bas-fonds. Il court  partout, dans les bureaux, les commerces, les bistrots, les brasseries, les meublés, les maisons de passe... Il fréquente tous les milieux, les notables, les artisans, les médecins, les voyous, les ouvriers, les concierges… Tous ces mondes nourriront définitivement sa mémoire et son imagination : le journal et la rue ont été son université.

Le fait-divers,
coeur tragique de la matière humaine

       Ses patrons lui enseignent immédiatement l’écriture efficace : pas de fioritures, des faits, la notation exacte des lieux, des identités, des silhouettes, des visages, des caractères. Il décrit donc, il ne commente pas. Il raconte, sans aucune grille d’interprétation : pas de point de vue surplombant, pas d’explications, pas de sociologie, pas de simplification politique, pas de psychologie, pas de jugement, jamais ! Mais quand on enlève tout cela, que reste-t-il ?               

       Il reste l’essentiel, la matière humaine, dans toute son épaisseur et ses contradictions. Il reste la vie des gens, engendrés dans des circonstances de hasard, ballottés par des événements auxquels ils ne peuvent pas grand-chose, tentant de faire des choix profitables entre pulsions et raison, entraînés dans des événements qu’ils ne peuvent maîtriser et qui forment peu à peu leur destin.


 


       Cette lourde matière humaine nous touche tous. C’était déjà le cœur de la tragédie grecque et c’est toujours le cœur des faits-divers, des accidents comme des crimes. Ce noyau universel, inépuisable, qui lie indissolublement fatalité, liberté, responsabilité et culpabilité humaine, Simenon nous y confronte, impitoyablement, dans toute son oeuvre, et en particulier dans Les Complices.

Notre lecture
     Les Complices part d’un fait divers, banal et épouvantable : un accident de la circulation aux conséquences atroces a été provoqué par un automobiliste qui s’occupait davantage de sa passagère que de son volant… et nous voilà aussitôt plongés au plus épais de la matière humaine, au cœur de la tragédie. Sexualité, responsabilité, éthique, culpabilité… L’homme va-t-il assumer la cascade des conséquences de l’événement ? Se dénoncer, perdre sa réputation, sa situation ? Occasion pour Simenon de faire une percée vertigineuse dans les contradictions de nos comportements et les abîmes de nos consciences.

Les Complices :
un roman qui vous tient en haleine,
un roman de la lâcheté quotidienne,
des choses que l'on n'avoue pas
par peur d'être jugé,
des actes impossibles à assumer…

 

 

                                                                                                                                                                                                     Photographies Ivana Caffa




















Dernière modification le 15/06/2018


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Dernière mise
à jour le 13/02/2019




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